Justice Pour Cyril F.e.r.e.zSolidarité avec Cyril F e r e z, syndicaliste S U D-P T T grièvement blessé le 18 Mars 2006 |
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Cyril : Etat de santé Opinions : Sylvain Attal : Le journalisme sans vergognePar JPC :: lundi 10 avril 2006 à 19:00
Après avoir visionné les images des Journaux Télévisés et entendu que "[les camarade de Cyril Ferez] interviewés témoignent: C'est bien lui, il a été frappé puis piétiné sans ménagement", il se demande si "journalistiquement, on peut aller un tout petit peu plus loin".
Voici la question "journalistique" qu'il se pose : "Comment peut-on, ne serait-ce qu'évoquer l'hypothèse d'une bavure, à partir du moment où les affrontements ont été provoqués par les activistes de Sud, syndicat d'extrême gauche? "
Apprécions la formulation. Sous cette question anodine, qui interroge pourtant la réalité d'une "bavure" dont les témoins attestent, viennent se glisser une affirmation d'"affrontements provoqués" et la requalification des syndicalistes en activistes.
M. Attal qui ne s'embarrasse guère des faits ni des témoignages sait, lui, à l'inverse de l'ensemble de ses confrères, que les affrontements ont été provoqués par SUD. Et il nous éclaire du même coup sur la véritable nature des ses adhérents. Là ou la plupart des observateurs ne voient que de paisibles syndicalistes, il a reconnu au premier coup d'oeil des membres de la redoutable confrérie des activistes, personnages douteux et fébriles, toujours à la recherche de leur prochain mauvais coup.
Quoiqu'il en soit, à 12h15 le 21 mars, l'enquête sur canapé du commissaire Attal - sans doute doué d'un don de clairvoyance hors du commun- est déja bouclée :
Epinglés les coupables : les casseurs de SUD. Eclaircies les circonstances : une provocation de gauchistes. Balayées d'un revers de main les questions sur le sort de Cyril Ferez, puisqu'on ne saurait se lamenter de la tempête que l'on a provoqué.
Décidemment en pleine forme pour l'analyse instantanée des images des Journaux Télévisés, il poursuit : "Au moins France 2 nous a-t-il montré autre chose qui contredit les lénifiantes affirmations habituelles en pareil cas, à savoir: "les casseurs n'ont rien à voir avec les paisibles manifestants, ce sont des autonomes, des anarchistes, des provocateurs incontrôlés."
Et si jamais les forces de l'ordre se demandaient où se cachent ces dangereux nids d'anarchistes qu'il vient de débusquer, n'écoutant que son devoir, il poursuit : "Les casseurs dont il s'agit ici ont repris tranquillement leur travail à la poste le lundi matin."
N'en restant pas moins homme, il compatit tout de même avec la victime : "Si, par malheur, leur camarade décède," mais uniquement pour conclure qu'alors " le "mouvement" aura son martyr et le gouvernement sera montré du doigt."
Arrêtons nous là. Transformer la victime en coupable, les syndicalistes en casseurs, les fautifs en innocents : un tel aveuglement partisan est accablant. Il l'est d'autant plus chez un homme dont le métier devrait requérir un minimum d'attention aux faits. Mais visiblement emporté par ses convictions hargneuses, M. Attal ne semble plus en état de faire de distingo entre journalisme et diatribe sectaire.
Pourtant, sans rancune, souhaitons lui que dans le rôle d'imprécateur qu'il s'est choisi, il puisse exercer son talent là ou il pourra être apprécié à sa juste valeur. Dans les feuilles de chou d'extrème droite, par exemple.
Philippe Barbrel, Webmestre
L'article de Sylvain Attal : http://sylvainattal.blog.20minutes.fr/archive/2006/03/21/qui-sont-les-casseurs-reponse-de-france2.html
Opinions : Affiches et Dessins anti-CPEPar JPC :: lundi 03 avril 2006 à 19:00
SUD PTT met en ligne un portofolio de dessins sur le mouvement anti-CPE, dont est extraite l'image ci-dessus. Voir la galerie de dessins : Opinions : Pierre MARCELLE : Circonstance aggravantePar JPC :: dimanche 26 mars 2006 à 16:04
Ce dut se passer comme ça, samedi, place de la Nation, mais il faudra un peu de temps pour l'établir. Telle qu'énoncée officiellement, la rencontre dramatique du crâne de Cyril Ferez avec un tonfa manqua passer pour la relation d'un accident de la circulation policière. «Un mec bourré» qui n'avait à l'évidence rien à foutre là, une charge sous caillassage, un corps qui fait obstacle, piétinement, Fatalitas... Dans un premier temps, on y aurait presque cru, comme on aurait presque cru aux simagrées du ministre Robien exhibant l'autre samedi dans la cour de la Sorbonne des lambeaux d'incunables que des «casseurs» auraient brûlés. Comme on aurait presque gobé, en novembre et à Clichy, la fable selon laquelle nulle poursuite policière ne contraignit trois gamins à se réfugier dans l'enceinte d'un générateur d'EDF, où deux laissèrent leur peau. Las ! Les témoignages rapportés dans ces pages (Libération du 21 mars), et que l'enquête devra prendre en compte, ont d'ores et déjà jeté un doute redoutable sur la version de l'IGS. Le taux d'alcoolémie (2 g à pas d'heure de la nuit, qui en induiraient 2,7 lors du drame) du syndicaliste de SUD se ressasse avec une vicieuse insistance qui n'a d'autre fin que d'absoudre d'avance la bavure, mais son incantation pourrait s'avérer contre-productive. Remettant au jour le dicton qui stigmatise dans la «classe travailleuse» une «classe buveuse», elle fait un peu vite fi du principe de précaution, en l'occurrence bien négligé, qui nous pollue le quotidien et les libertés publiques. Ainsi sera-t-on légitimement enclin à lire dans le piètre état de Cyril Ferez, à l'instant qu'il rencontra sur la place de la Nation les «forces de l'ordre», une circonstance très aggravante pour son ou ses matraqueur(s). Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=368887
Opinions : Maurice Goldring ; Condamnez la violence !Par JPC :: vendredi 24 mars 2006 à 16:08
Point de vue
Réformistes de gauche, condamnez la violence !, par Maurice GoldringLE MONDE | 24.03.06 | 13h57 • Mis à jour le 24.03.06 | 13h57
J'ai manifesté dans ma jeunesse contre la visite du général américain Ridgway en 1952. La manifestation était interdite. Nous descendions dans la rue comme nous allions à la guerre, avec de gros gourdins surmontés d'une pancarte alibi. Je manifeste aujourd'hui contre le contrat première embauche (CPE). Je me retrouve entouré de parents avec des poussettes d'enfant, d'hommes et de femmes au visage paisible, des cravates, des sacs à main, des porte-documents en bandoulière. Les parcours ont été négociés avec la police. Les services d'ordre syndicaux et les brigades policières assurent ensemble la sécurité des cortèges. Le monde a changé de base et nous vivons dans une autre société. Pour les "révolutionnaires", rien n'a changé. La société est composée de groupes sociaux dont les intérêts sont irréconciliables. Les crises doivent se résoudre par la victoire d'un groupe contre un autre. Le réformisme de gauche postule que la société est composée d'intérêts contradictoires qui doivent parvenir à un compromis pour vivre ensemble. Pour la "révolution", l'Etat est au service des puissants et des riches, et seul son renversement pourra le mettre au service des travailleurs et des pauvres. L'image de policiers protégeant des manifestants est donc insupportable, contraire à toute théorie révolutionnaire.Ceux qu'on appelle les "casseurs" partagent-ils cette idéologie ? Marginaux, exclus, jeunes en colère, ils profitent des manifestations pour exprimer leur mal-être et casser du flic. Mais, parmi eux, il y a des groupes politiques, d'extrême droite et d'extrême gauche, qui veulent radicaliser le mouvement, soit pour le déconsidérer, soit pour créer des martyrs. Si j'interviens ici, c'est pour m'adresser à la gauche réformiste. Personne ne met en doute l'attachement du Parti socialiste à la démocratie parlementaire et au fonctionnement du droit dans notre société. Mais la fascination pour la "révolution" n'a pas disparu et embrume les principes affirmés. Quand les manifestations se terminent par des affrontements brutaux, les réactions doivent être en harmonie avec les principes. L'enquête est en cours sur les responsabilités de l'agression contre Cyril Ferez, militant syndicaliste hospitalisé. Mais pour une partie de la gauche réformiste, il n'y a pas de présomption d'innocence pour la police. Je n'ai aucune information particulière. J'ai vu ce que tout le monde a pu voir. Un : des forces de police qui laissaient passer des manifestants pacifiques et résolus. Deux : en fin de manifestation, des jeunes qui se mettaient à lancer pierres et matériel de toute sorte contre les policiers. Ce que j'ai vu me permet d'affirmer que Cyril Ferez, en tout état de cause, est aussi la victime de ceux qui décident qu'il n'y a pas de bonne manifestation si elle ne comporte pas des bagarres avec les forces de l'ordre. Et la gauche réformiste se doit de le dire. Maurice Goldring, ancien professeur d'études irlandaises à Paris-VIII, est l'auteur de Renoncer à la terreur (Editions du Rocher, 2005). Article paru dans l'édition du 25.03.06
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